La fraternité des cuisiniers

La fraternité des cuisiniers, une tradition depuis de longues années

L’association Les cuisiniers de France est la plus ancienne association de cuisiniers en France. Elle est créée le 1er avril 1840 et reconnue d’utilité publique en 1919. Elle promeut des valeurs fortes telles que la transmission, la philanthropie et la tradition de la fraternité des cuisiniers.

Il faut faire un petit détour dans le temps pour comprendre les origines de l’association et les démarches d’entraide et de fraternité des professionnels du métier.

Au 19ᵉ siècle, le métier de cuisinier n’existe pas encore. On cuisine, mais on ne parle pas encore de profession.

À cette époque, l’essor des restaurants crée un marché du travail contrôlé par les bureaux de placement privés. Ce sont eux qui fournissent tant aux restaurants qu’aux particuliers des cuisiniers et des cuisinières.

Les pratiques des bureaux ne servaient que les placeurs et les cuisiniers cherchèrent rapidement à les remplacer, voire les supprimer.

C’est dans cet esprit qu’ils créent en 1840 les premières sociétés de secours mutuel pour soutenir leurs confrères. Leur objectif, basé sur l’entraide entre les membres, est d’assister et défendre malades, chômeurs et cuisiniers âgés.

La Société de secours mutuels des cuisiniers de Paris devient la première société de secours mutuels de la corporation.

La Révolution de 1848 amène les cuisiniers à fonder des associations coopératives, nommées si justement “associations fraternelles”.

La Société de secours mutuels des cuisiniers de Paris est reconnue officiellement en 1856 sous le nom de Société de secours mutuels et de retraite des cuisiniers.

Pourtant, les revendications des cuisiniers continuent et portent sur la formation professionnelle, le recrutement et l’accès à la profession.

Dans ce but, des congrès ouvriers se tiennent entre 1887 et 1896 pour déboucher sur la création de la Chambre syndicale des cuisiniers.

C’est en 1903, grâce à la présidence de Léopold Mourier, que la Société de secours mutuels des cuisiniers de Paris atteint sa prospérité. La Société, qui se penche aussi sur l’avenir de la profession, collabore à la création en 1914 de l’Office professionnel d’apprentissage pour réguler et répartir les demandes d’apprentis.

La reconnaissance sociale est toujours au cœur des débats parmi les cuisiniers et pour faire reconnaître leurs droits, une nouvelle association voit le jour sous le nom de “Association des chefs de cuisine” en 1923.

Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale que le statut social des cuisiniers change et que la profession s’épanouit de plus en plus.

À travers son histoire, la corporation a su évoluer et toujours trouver les ressources nécessaires pour grandir et célébrer une des plus belles professions qui soient.

Grâce aux différentes associations d’entraide qui ont fleuri, les membres ont toujours pu compter les uns sur les autres et se secourir en cas de besoin.

La plus ancienne, qui porte aujourd’hui le nom de l’Association des cuisiniers de France, porte, avec dynamisme et modernité, le flambeau d’une tradition qui n’est pas près de s’étioler, celle de la fraternité des cuisiniers.